La réforme du lycée
Le
SNPDEN constate que l’échec de la première phase pèse lourd aujourd’hui et que des
organisations signataires des « points de convergence » développent
aujourd’hui des points de vue en retrait. Le recul devant des lycéens bloqueurs,
alors qu’était refusée aux organisations représentatives des personnels la
prise en compte de leurs propositions, fut un message désastreux.
Avant
de parler du lycée, le SNPDEN souligne que la mise en œuvre du socle commun, au
collège, a pris beaucoup de retard ; or il pouvait donner du sens à la
scolarité du collège qui est peu-être le lieu du
système éducatif sur lequel pèsent le plus lourdement les évolutions
« sociétales » et un certain nombre de contradictions.
La
réforme du lycée doit éviter un « 1992 » bis où la volonté de
réformer les séries s’est traduite par des séries encore plus déséquilibrées et
par la multiplication de dispositifs sophistiqués et abstraits qui ont manqué
leur but, quelque soit leur intérêt théorique (modules, etc.).
Un
des axes de la réforme semble la connexion du lycée et de l’enseignement
supérieur (avec la question insistante, et non réglée, de l’après bac pro).
Sur
la mise en œuvre de la réforme, le SNPDEN relève deux dangers :
-
celui du temps unique : il apparaît nécessaire de distinguer ce qui relève
de l’immédiateté et ce qui doit s’inscrire dans le temps ;
-
celui des dispositifs compliqués, inventés au centre et imposés à chaque
établissement.
La
question de la forme du baccalauréat peut difficilement être éludée. Le SNPDEN estime
cet examen disproportionné, comme attestation d’une formation secondaire achevée,
et ne réglant rien de ce qui était son but initial : attester de la
capacité de l’élève de répondre aux attentes de l’enseignement supérieur.
Luc
Chatel précise
que son objectif n’est pas celui d’une réforme « cosmétique ».
Il précise que, même si tout ne peut pas être mis en place en 2010, cela
n’exclut pas d’agir sur des leviers afin de corriger la situation, notamment
pour ceux qui sont le plus en difficulté. Pour lui, la réforme doit comporter deux
objectifs majeurs : l’orientation et la réduction des inégalités.
Il
considère que cela implique de rendre l’orientation plus réversible après le
collège, de faciliter les passerelles. Le ministre, après une phase de prise en
compte des observations sur le rapport Descoings et
de rencontres bilatérales, entend se positionner clairement d’ici le début du
mois d’octobre.