Direction n° 161 - Août-septembre 2008
2007-2008 : une année scolaire bousculée.
L’année scolaire a commencé avec un premier
« assouplissement », un peu improvisé, de la carte scolaire et les
consultations sur la condition enseignante avec les travaux de la commission
Pochard ; la loi sur la responsabilité des universités (LRU), votée
pendant l’été, qui pourtant faisait l’objet d’un relatif consensus, a produit
quelque agitation et de premiers « blocages » de lycées, de manière
sporadique. Les choses ont été plus sérieuses au printemps, avec les annonces
de suppressions de postes dans nos établissements et de « généralisation
du bac pro en 3 ans ». La « reconquête du mois de juin » a fait
payer cet effet d’annonce de conditions particulièrement difficiles
d’organisation de la fin de l’année scolaire.
Rénovation de l’enseignement professionnel, réforme des
filières générales et technologiques, organisation des examens, accompagnement
éducatif dans les collèges, « orientation active » et recherche des
voies de réussite dans l’enseignement supérieur, carte scolaire toujours :
voilà les dossiers que nous nous préparons à suivre aussi pour l’année scolaire
à venir.
Direction n° 166 – Mars 2009 (extrait
du rapport d’activité – congrès Biarritz)
1. La « reconquête du mois
de juin ».
Dans les chantiers divers ouverts par notre ministre sur des questions
périphériques, celui de la « reconquête du mois de juin » aura
tenu une place particulière. Nous avions nous-mêmes dénoncé à de nombreuses
reprises une situation dans laquelle l’année scolaire se poursuivait
formellement alors que l’organisation des examens conduisait à priver les
élèves de plusieurs semaines d’enseignement et, en liaison avec les procédures
d’orientation, à faire de la fin d’année une accumulation de dispositifs
parasites. Une motion de CSN de novembre 2002 demandait déjà
que soit engagée «une réflexion d’ensemble sur le devenir de tous les examens
de l’Education nationale (Brevet, BEP, CAP, BAC, BTS….) » en précisant que
« les personnels de direction (étaient) confrontés chaque année à de
multiples difficultés grandissantes, et (craignaient) un blocage du système à
court ou moyen terme. » En toute logique, nous avons fait savoir que
la reconquête du mois de juin devait passer par une simplification du
baccalauréat, et nous nous sommes à nouveau prononcés en faveur d’une
évaluation diversifiée en vue de l’examen, sans recours systématique à des épreuves
terminales. Nous avons mis en garde le ministère sur les difficultés à
attendre, compte tenu également des procédures d’orientation. Nous avons
effectué un bilan de l’expérimentation dès le mois de juillet 2008 pour les 4
académies et les 2 départements concernés, dans une réunion nationale avec nos
responsables syndicaux, et pu ainsi, dès la rentrée, décrire dans un communiqué
de presse et dans nos rencontres au ministère une situation nuancée, mais avec
des limites évidentes sur la date butoir à retenir, grâce à des données
argumentées (surcoût et risques d’un calendrier resserré ; organisation de
l’examen et des procédures d’orientation, mais aussi des procédures
d’affectation des élèves, du mouvement intra-académique des professeurs, et
préparation de la rentrée ; difficulté d’extrapolation à partir
d’expérimentations sur un échantillon restreint, ne comportant aucune très
grosse académie ; conséquences en termes de charges de travail pendant
l’été, en particulier pour les adjoints, qui ne peuvent être pérennisées). Une partie au moins de
nos remarques a été prise en compte dans le sens du réalisme du calendrier et
de la compatibilité des opérations, mais le fond du dossier reste à traiter.