2004 - Education et pédagogie - Congrès mai Toulon

La commission « éducation et pédagogie » a rassemblé 96 personnes représentant 28 académies. 37 personnes n’avaient jamais participé à une réunion nationale de la commission, ni à un CSN, ni à un congrès.
Elle était présidée par Hervé Martimort, SD de l’Hérault et animée par les membres de la commission pédagogie du BN : Claire Chauchard, Catherine Dauny, Catherine Petitot, Colette Pierre, Alain Vervaeke et Hélène Rabaté, secrétaire nationale.
Ses travaux ont porté d’une part sur des textes issus d’une commission nationale qui s’est réunie le 17 mars à Paris, textes amendés et complétés par les académies, et d’autre part sur les motions proposées par les académies.

Diriger l’EPLE et encadrer : le rôle pédagogique et éducatif des personnels de direction.

Comment définir le rôle pédagogique et éducatif des personnels de direction ? Jusqu’où va la responsabilité pédagogique des personnels de direction dans un EPLE plus autonome ?
Le décret de 1985 fonde le rôle pédagogique du chef d’établissement :
L’article 2 porte sur l’autonomie des EPLE en matière de pédagogie et d’éducation : organisation des classes, groupes, répartition de la DGH, organisation du temps scolaire, préparation de l’orientation, de l’insertion sociale et professionnelle, choix de sujet d’études spécifique,x
L’article 8 indique les compétences du chef d’établissement, notamment dans le domaine pédagogique. « Il soumet au CA les mesures à prendre dans les domaines définis dans l’article 2. »
Le chef d’établissement et le chef d’établissement adjoint veillent au bon déroulement des enseignements, de l’information de l’orientation et du contrôle des connaissances des élèves.
Le protocole d’accord relatif aux personnels de direction qui accompagne le statut publié au JO du 12-12-2002 affirme la dimension pédagogique et éducative du métier de personnel de direction. Ce rôle pédagogique et éducatif est explicité dans l’annexe 1 : référentiel des personnels de direction avant le rôle administratif. Il constitue le cxur du métier d’un chef d’établissement ou d’un chef d’établissement adjoint.

Mais comment, d’un point de vue syndical définir ce rôle ?
Le personnel de direction travaille avec les enseignants
Le personnel de direction est un pédagogue. Il s’appuie sur son expérience passée lorsqu’il est issu d’un des corps enseignants et fonde ainsi sa légitimité. En ce cas, qu’en est-il pour les personnels de direction – nombreux - issus d’un autre type de corps, voire d’une autre fonction publique ?
Ils ont une légitimité pédagogique. En effet, on accède au corps de personnel de direction après une ou plusieurs expériences professionnelles antérieures, quel que soit le mode de recrutement. Il n’est pas nécessaire d’avoir été enseignant pour être ou devenir pédagogue. Mais une formation suffisamment individualisée est nécessaire pour apporter à chacun les connaissances qui lui manquent dans le domaine pédagogique ou éducatif, comme dans les différents autres domaines qui constituent notre métier.
Car le personnel de direction est un pédagogue mais il n’est pas un enseignant. Son intervention ne se situe pas au niveau de l’acte ou de la pratique pédagogique. Il assure la direction pédagogique (conception, organisationx)
et avec les inspecteurs.

Le personnel de direction n’est pas davantage un inspecteur. Il est le garant du respect des objectifs nationaux et académiques, et des programmes. Il a un rôle d’animation, d’impulsion, et en tant que représentant de l’Etat, de contrôle, mais la dimension de son action excède celle d’une discipline ou d’un groupe de disciplines. Elle s’applique à l’ensemble de l’établissement dont il s’agit de fédérer les énergies, par le biais du projet d’établissement, notamment.
Les personnels de direction travaillent de concert avec les inspecteurs – lorsque ceux-ci sont en mesure de jouer le rôle qui est le leur-.

Ils sont partie prenante :
- dans l’évaluation des CPE, des enseignants (SEGPA et EREA compris) et des équipes disciplinaires
- dans l’évolution indispensable des pratiques pédagogiques.
Il est nécessaire de voir évoluer les missions et pratiques des uns et des autres (personnels de direction, inspecteurs, CPE, enseignants).
« Le personnel de direction impulse et conduit la politique pédagogique et éducative de l’établissement »
L’élaboration et la mise en xuvre du projet d’établissement sont une des expressions privilégiées du rôle pédagogique et éducatif des personnels de direction. Cela suppose de leur part une bonne connaissance du cadrage national et académique (programmes, horaires, objectifs des enseignements, textes réglementaires et juridiques, objectifs nationaux assignés à l’Ecole), ainsi que des ressources humaines et matérielles de l’établissement et des caractéristiques de la population scolaire.
Les personnels de direction permettent à la communauté éducative d’arriver à une analyse de situation partagée ; ils animent des équipes, impulsent des actions en s’appuyant sur des valeurs. Ils analysent les flux d’orientation. Ils peuvent agir sur la formation continue des enseignants grâce à l’élaboration d’un plan de formation des personnels intégré au projet d’établissement.
Mais le projet d’établissement n’est pas un but en soi, c’est une façon de travailler, un outil au service d’une politique. Outil stratégique, outil de communication fait pour être critiqué et évoluer. Un projet n’est jamais mené à bien à 100 pour 100. La responsabilité des personnels de direction, c’est d’élaborer un projet avec les acteurs et partenaires de la communauté éducative. Ils sont responsables de la pertinence des actions par rapport aux objectifs tout autant voire plus que de la réalisation totale et chiffrée de ces objectifs, sachant qu’ils ne choisissent pas leurs collaborateurs et ne se voient pas toujours attribuer les moyens dont ils jugent avoir besoin. Il faut souligner que pour ne pas mettre en péril l’équilibre d’un établissement, une continuité dans l’attribution des moyens est nécessaire.
Nous ne pouvons agir sur les horaires nationaux, nous sommes dépendants des moyens alloués et les marges de manxuvre sont de plus en plus minces. Notre autonomie est donc une déclinaison locale d’un cadre national (programmes, horaires, statut des enseignantsx) Celui-ci n’est pas toujours bien défini et on peut craindre que le grand débat n’apporte pas de réponse aux questions les plus délicates : Quelles missions pour les différents niveaux de formation ? Quelle définition du socle commun de connaissances à garantir à chaque élève à la fin de la scolarité obligatoire ?
On peut cependant agir sur les méthodes et les pratiques. Chaque EPLE peut, au niveau des méthodes, mettre en xuvre différentes expérimentations pédagogiques en respectant les textes nationaux (la gestion du temps, les enseignements transversaux ou pluridisciplinaires : TPE, IDD, PPCP, projetsx, l’évaluation des élèves.)
Le projet est un cadre ; il renvoie à des principes plus ou moins explicites, à une conception de l’Ecole fondée sur des valeurs, notre rôle étant d’expliciter ces principes et ces valeurs. De là vont découler des principes de constitution des classes, de constitution des équipes pédagogiques, d’organisation de l’emploi du temps, des pratiques de punitions et de sanctions.
Le SNPDEN s’engage pour l’égalité des chances, la démocratisation de l’école. Nous souhaitons donc l’évolution et la diversification des pratiques pédagogiques, l’évolution de l’évaluation vers une meilleure prise en compte des compétences et des savoir-faire de chaque élève. Nous refusons toute filière d’exclusion. Ces choix sous tendent toute politique pédagogique et éducative à l’échelle d’un établissement.
Les personnels de direction sont des experts qui mettent leurs connaissances du système et des différentes pratiques éducatives et pédagogiques au service de la réussite des élèves.
Pour que soit menée dans l’établissement une véritable politique éducative et pédagogique, la création d’un conseil pédagogique, prévue par le protocole, est essentielle. Elle doit intervenir dans le cadre d’une modification du décret de 1985 afin d’éviter d’ajouter encore des instances supplémentaires.

Quelle évaluation pour cette politique pédagogique et éducative ? Le projet doit être évalué. Pour une meilleure efficacité, cette évaluation doit être interne et le contrôle externe doit intervenir a posteriori. Les personnels de direction le sont aussi. Mais les deux évaluations doivent être nettement distinctes. C’est toute la problématique de la lettre de mission.
Le rôle pédagogique des personnels de direction excède la dimension de l’établissement
Dans le cadre de son autonomie, l’établissement se dote d’un projet qu’approuve le conseil d’administration. Mais le rôle pédagogique et éducatif des personnels de direction implique aussi une action hors de l’établissement et avec des partenariats. Ces actions trouvent d’ailleurs en général leur place dans le projet.

La dimension du bassin comme lieu de réflexion, d’échanges, éventuellement de propositions mais en aucun cas de décisions, est très importante. C’est évident pour les relations écoles-collèges, collèges-lycées. Cela l’est aussi pour tout ce qui concerne la carte des formations. Pour l’élaboration et l’évolution de cette carte, les personnels de direction doivent être consultés et leur expertise reconnue (carte des langues, des options, des formations générales, technologiques et professionnelles) L’expertise reconnue à l’éducation nationale dans le cadre de la décentralisation commence avec l’expertise des personnels de direction.
Les lycées sont également concernés par les relations avec les établissements d’enseignement supérieur et par le devenir de leurs élèves après le baccalauréat ou après les classes de BTS ou de CPGE.
Les personnels de direction ont une mission de formation continue qui peut s’exprimer dans les formations offertes par les GRETA ou par la mise en place d’autres dispositifs en partenariat avec les services rectoraux et des entreprises.
Les personnels de direction connaissent les difficultés des élèves issus de milieux défavorisés. Dans certains cas, le dispositif de l’école ouverte, piloté par le chef d’établissement, s’inscrit parmi les réponses appropriées.
Le rôle pédagogique des personnels de direction est donc en pleine évolution, ils sont prêts à tenir toute leur place sans rien renier de leurs engagements dans le nouveau paysage législatif et dans la construction de l’espace européen de l’enseignement supérieur ainsi que de l’espace européen de la formation professionnelle.
Existe-t-il une différence entre le rôle pédagogique et le rôle éducatif des personnels de direction ?
Rôle éducatif et rôle pédagogique sont indissociables. Mais en pratique, sur le terrain, des glissements apparaissent. Certains enseignants nous dénieraient volontiers toute compétence pédagogique pour mieux nous renvoyer à nos responsabilités éducatives. Or il faut rappeler le rôle éducatif de tous les adultes qui interviennent dans un établissement scolaire, en particulier les enseignants. Le travail sur le règlement intérieur est primordial, il est l’affaire de tous. Notre rôle et notre responsabilité de personnels de direction, c’est d’assurer la liaison entre le pédagogique et l’éducatif.
Mais il existe des limites à cette responsabilité.
La responsabilité est également une responsabilité morale qui se mesure au regard de l’école que nous voulons construire.
La responsabilité renvoie aussi à l’obligation de rendre compte, à la lettre de mission du chef d’établissement et de l’adjoint, à l’évaluation, tant du projet que du chef d’établissement et de son adjoint.
Il faut souligner que les personnels de direction ne sont ni co-gestionnaires, ni décideurs dans l’attribution des moyens. Or la situation de la jeunesse dans certains lycées est une situation de crise éducative grave : dans certaines académies, les tensions sont extrêmes. Les dispositifs pédagogiques qui existent sont souvent en porte à faux, détournés par rapport à leur destination première. L’intégration d’élèves en difficulté ou handicapés dans des structures non prévues à cet effet permet une apparente économie de moyens. Les SEGPA accueillent des jeunes qui relèvent dans bien des cas de structures médicalisées qui ont disparu. Les dispositifs relais censés accueillir les élèves temporairement les accueillent souvent à l’année. Des suppressions de postes de surveillants (ou d’équivalents assistants d’éducation), de CPE, d’heures d’enseignement ou de postes d’enseignants interviennent brutalement, parfois au mépris de toute logique.x
Lorsque nous constatons que nos dotations horaires couvrent tout juste –quand elles les couvrent- les enseignements réglementaires, lorsque nous avons des personnels contractuels ou vacataires non formés, lorsque des injonctions nous contraignent à des actions parachutées ou que des circulaires remettent en question ce que nous avons mis en place non sans difficultés (les IDD par exemple), nous appliquons les directives puisqu’il n’y a pas d’autre choix mais nous ne pouvons ni ne voulons être tenus pour responsables de décisions qui ne vont pas dans le sens d’un service public de qualité. Pour que l’autonomie ne soit pas un leurre, l’attribution des moyens à l’établissement doit à la fois permettre d’assurer les horaires réglementaires et de disposer d’une marge de manxuvre en fonction des projets d’établissement et des politiques académiques.
Vote du congrès : Texte adopté à l’unanimité


Motion 1 : Les bassins de formation, les projets d’établissement

La doctrine pédagogique du SNPDEN sur les bassins de formation et les projets d’établissement est connue. Le rôle pédagogique du chef d’établissement est reconnu : il est le premier pédagogue de l’établissement.
Dans de nombreuses académies, les bassins et les projets d’établissement sont devenus de véritables dispositifs de pilotage par la hiérarchie, et dans certains cas, les bassins constituent un échelon administratif supplémentaire sur lequel on déconcentre, sans moyens et de manière insidieuse. Les projets d’établissement se sont parfois transformés en instruments de formatage et de contrôle sophistiqués.
Le congrès réaffirme la position de notre syndicat sur ces deux points, essentiels pour la délimitation et la définition de l’autonomie de l’établissement et pour la consolidation de notre mission pédagogique à la tête de l’établissement :
- le bassin n’est pas un échelon administratif ni hiérarchique supplémentaire, c’est un lieu d’échanges et de propositions,
- les projets d’établissement relèvent de l’autonomie de l’EPLE et sont l’objet d’une évaluation et d’un contrôle a posteriori par notre hiérarchie.
Le congrès demande au Ministre que soient prises les dispositions nécessaires pour que les pratiques soient harmonisées, dans les domaines considérés, entre les académies et au sein des académies.
Lorsque, localement ou plus généralement, la position de notre syndicat sera ignorée, le SNPDEN mettra en place des actions ciblées, pouvant aller jusqu’au boycott des réunions baptisées, souvent à tort, réunions de bassin, et au refus de transmission à notre hiérarchie des documents sur le projet d’établissement.
Vote du congrès : Texte adopté moins 6 contre et 5 abstentions

Motion 2 : les conditions de la rentrée 2004
Le congrès dénonce une diminution des dotations en personnels enseignants et non enseignants pour la rentrée 2004. Cette diminution met en péril la qualité de l’encadrement des élèves et leur sécurité, et met en cause le déroulement de l’année scolaire.
Afin que les personnels de direction puissent exercer leurs responsabilités pédagogiques et éducatives, le SNPDEN :
- Exige les moyens indispensables pour qu’ils assurent leurs missions.
- Apporte son soutien aux actions déjà engagées par les différentes académies.
- Mandate le bureau national pour développer et fédérer les actions en cours et à venir.
- Attire dès maintenant l’attention de l’opinion publique (parents, élus) sur leurs inquiétudes. Il incombe au bureau national, aux sections académiques et départementales et aux adhérents de tout mettre en xuvre pour populariser les positions de notre syndicat, notamment lors de la journée d’action du 25 mai à laquelle nous participons à l’appel de notre fédération.
- En cas de réponse négative du ministère, mandate le bureau national pour organiser en concertation avec les secrétaires académiques, des actions fortes de protestation au moment de la rentrée scolaire.
Vote sur la disjonction de la motion : Pour : 134 Abstentions : 11 Contre : 244
Vote du congrès sur l’ensemble de la motion : Pour : 264 Abstentions : 42 Contre : 83

Motion 3 : Pour une réalité de l’autonomie des EPLE,
Pour que les personnels de direction puissent assurer leur rôle pédagogique et éducatif,
Pour un bon fonctionnement des établissements,
Le SNPDEN exige :
• Une Dotation Globale Horaire suffisante et pluriannuelle pour mettre en xuvre une vraie politique éducative dans le cadre du projet d’établissement et dans le respect de l’équité sur tout le territoire national.
• Une réelle politique de gestion des ressources humaines qui permette d’affecter dans les établissements des personnels du Ministère de l’Education Nationale formés et qualifiés.
• La participation pleine et entière des personnels de direction à l’évaluation pédagogique de tous les personnels qui interviennent dans l’établissement en liaison avec les corps d’inspection compétents, ainsi qu’à l’évaluation de tous les personnels qui interviennent dans l’EPLE y compris dans le domaine pédagogique.
Vote du congrès : texte adopté moins 2 abstentions et 1 contre

L’EPLE et la formation professionnelle

L’éducation nationale constitue un acteur essentiel de la formation professionnelle en France, formation initiale et formation continue, grâce à son réseau d’établissements et à la diversité des formations qu’ils offrent : lycées professionnels et technologiques, EREA, CFA publics, GRETAx
La formation professionnelle est un vecteur important de l’éducation et la formation tout au long de la vie. Elle inclut aussi une formation générale à côté des enseignements purement professionnels. Réciproquement la culture contemporaine a une dimension technologique.
Les questions autour des contenus et de l’organisation de la formation professionnelle font partie de la réflexion entamée par notre société sur les missions qu’elle assigne à son école et qu ‘elle s’assigne à elle-même en matière de formation et d’éducation.
Les évolutions en cours s’inscrivent dans plusieurs lois récentes ou projets de loi :
• Loi d’orientation de 1989 bientôt révisée
• Lois autour de la formation professionnelle ou autour de l’emploi
• Lois de décentralisation
• LOLF
Elles s’inscrivent également dans le cadre de l’Europe : construction de l’espace européen de l’enseignement supérieur (processus de Bologne de 1999 et déclaration de Lisbonne en 2000), adoption du principe de l’éducation et de la formation tout au long de la vie (processus de Bruges, 2001), développement de la coopération et de la coordination pour l’éducation et la formation professionnelle (déclaration de Copenhague, 2002)
Les enjeux sont très importants, au niveau national comme au niveau de l’Europe : enjeux économiques et financiers, enjeux sociaux (quelle société voulons-nous construire ?)
Conscient de l’importance et de la gravité des enjeux, le SNPDEN affirme son souci d’être vigilant et de voir reconnaître son expertise dans son champ de compétences.
Le SNPDEN demande que les moyens juridiques, administratifs, et financiers soient mis à la disposition des EPLE pour l’accomplissement de leurs missions dans le domaine de la formation professionnelle, dans l’intérêt de tous et notamment des plus défavorisés, dans un souci d’équité de l’offre de formation sur le territoire national.
La formation professionnelle est un ensemble très vaste et complexe. La commission pédagogie a choisi d’avancer dans la réflexion en cernant quelques thèmes, tout en sachant que le travail doit se poursuivre dans les différentes instances du syndicat. Plusieurs motions ont déjà été votées au CSN de novembre. Il sera nécessaire maintenant de rencontrer les présidents des conseils régionaux et plus particulièrement le président de l’Association des Régions.
Il sera également important d’envisager un travail sur le développement des CFA publics.
Sur les GRETA, le texte proposé est un texte d’étape. Il correspond à une avancée dans la réflexion, qui doit se poursuivre dans les académies.

Les GRETA (texte d’étape)

On constate régulièrement l’augmentation du nombre des organismes privés de formation continue. Cela entraîne une mise en concurrence de ces organismes avec les GRETA. Les donneurs d’ordre publics font jouer cette concurrence et les GRETA ont de plus en plus de difficultés à remporter les marchés de formation. La suppression des contrats de qualification risque également de leur porter tort. Les organismes privés s’intéressent prioritairement aux secteurs les plus rentables, il y a donc risque pour le service public.
Il est temps de transformer le statut de ces établissements afin de leur donner une plus grande autonomie de fonctionnement et de leur permettre d’être plus compétitifs.
Quelles sont les propositions du SNPDEN ?
Rappelons nos positions antérieures :
• Le SNPDEN a défendu depuis une dizaine d’années la conception d’un GRETA EPLE autonome.
• Il défend aussi l’idée d’un lycée polyvalent pour tous, accueillant les formations générales, technologiques et professionnelles. Nous nous sommes prononcés pour la labellisation « lycée des métiers » parce que la labellisation peut être une valorisation.
Nous réaffirmons que le lycée, comme tout EPLE, a une mission de formation initiale et de formation continue. A ce titre, il a vocation à accueillir, outre les formations correspondant aux enseignements général, technologique et professionnel, des formations professionnelles ou professionnalisantes par le biais par exemple de la création d’un CFA public, de partenariats, d’un GRETA.
Mais de même que certains établissements n’accueillent que des formations de l’enseignement supérieur, certains EPLE pourraient n’accueillir que des formations relevant de la formation continue. Le GRETA serait donc, dans certains cas, une des formes de l’EPLE dont il ne faut sous estimer ni la souplesse de la structure, ni les capacités d’adaptation.
Le statut des personnels reste un problème à résoudre.
Vote du congrès : Texte adopté moins 22 contre et 26 abstentions

La question de la formation professionnelle se pose dès le collège. Le SNPDEN a déjà affirmé à de multiples reprises son attachement au collège unique, « collège pour tous ». C’est dans ce cadre là seulement que nous comprenons la mise en place de l’alternance. Le projet de la future classe de troisième suscite donc notre inquiétude et nous en désapprouvons bien des dispositions.
Motion 4 : L’alternance en collège
L’ouverture vers les formations professionnelles et les métiers devrait concerner le plus grand nombre possible d’élèves parce qu’elle fait partie de l’éducation d’un futur citoyen.
Or on constate qu’actuellement 2 à 17 % des élèves selon les académies sont concernés par les dispositifs d’alternance. Les résultats sont mitigés :
• L’alternance s’adresse souvent en priorité aux élèves perturbateurs. Pour ceux qui ont des difficultés scolaires, ils sont dans l’impossibilité de suivre tous les enseignements d’une classe de collège et leur retard scolaire ne peut que s’accroître dans un dispositif d’alternance. De plus, dans certains cas, certains élèves qui ont intégré ce dispositif, ne sont pas admis en lycée professionnel l’année scolaire suivante, faute d’un dossier scolaire suffisant. Ils sont donc pénalisés.
• L’alternance peut redonner le goût du travail scolaire à certains jeunes et leur permettre de redonner sens à leur scolarité.
L’alternance proposée à des élèves de collège ne peut pas constituer la réponse exclusive aux problèmes de difficultés scolaires. Elle doit s’inscrire dans le cadre de la diversification des pratiques pédagogiques et des parcours. Elle peut être une réponse pédagogique, le suivi doit être en ce cas le plus individualisé possible, les objectifs parfaitement définis et les moyens de sa mise en xuvre garantis.
En aucun cas, l’alternance ne doit déboucher sur une « filiarisation » plus ou moins avouée. Partout en Europe, on s’aperçoit en effet qu’une orientation précoce vers des voies professionnelles donne au niveau d’une génération de moins bons résultats qu’une formation commune (enquête Pisa).
Il faut ainsi éviter une logique de gestion de flux d’élèves et privilégier une réflexion sur les méthodes d’apprentissage, répondre dans le cadre de l’autonomie de l’établissement et refuser la création de structures qui vont se transformer en filières.
Vote du congrès : Texte adopté moins 2 contre et 5 abstentions

Texte d’étape : L’orientation en lycée professionnel

L’orientation en lycée professionnel est marquée par d’indéniables difficultés :
• Elle concerne souvent les élèves en difficulté scolaire qui ont choisi, voire subi, une orientation par défaut.
• Une partie d’entre eux est affectée dans des sections qu’ils n’ont pas choisies.
• La vie scolaire y est parfois difficile pour les filles dans les sections industrielles notamment.
• Les filles sont majoritaires dans les sections tertiaires ou en carrière sanitaires et sociales. Or ce sont des formations qui offrent peu de débouchés en termes d’emplois, ou ne correspondent pas aux emplois qui existent dans certaines régions.
• La hiérarchie, réelle ou supposée, des formations correspond de moins en moins à la hiérarchie des emplois, en termes de rémunération.

Plusieurs mesures ont été adoptées pour valoriser l’enseignement professionnel et donner à la voie professionnelle une dignité égale à celle des voies générale et technologique :
• La labellisation « lycée des métiers » : elle peut être positive si elle ne met pas en péril l’équilibre entre les formations d’un établissement
• Le bac pro en 3 ans : un rapport de l’inspection générale sur le Bac pro en trois ans dans le secteur industriel demande une pause dans l’expérimentation. La mise en place de ces formations, qui peuvent être intéressantes, s’est effectuée trop rapidement.
Ces mesures peuvent être positives mais elles ne sont pas suffisantes.

Des passerelles (1ère d’adaptation ou dispositif équivalent) doivent être maintenues ou créées (accueil des bacheliers professionnels en BTS), des aides financières apportées (revalorisation des bourses et fonds sociaux abondés) pour que l’orientation en lycée professionnel apparaisse comme un parcours équivalent aux autres parcours, porteur lui aussi de débouchés.

Une meilleure formation (ou information) doit être assurée pour les acteurs de l’orientation.
Une grande attention doit être apportée à l’orientation des filles.
Une meilleure information doit être diffusée sur l’importance du diplôme et la valeur de lacertification dans un cursus européen.
Tout lycéen devrait pouvoir imaginer son propre parcours, individualisé et ambitieux, dans une perspective d’intégration à la vie sociale.

Vote du congrès : Texte adopté moins 10 contre et 37 abstentions