APB et conseil d'orientation (2015)

Stranes : créer des "conseils d’orientation" n’est "pas la solution" à l’accès à l’enseignement supérieur (SNPDEN)Par Judith Blanes

Les membres du SNPDEN sont des "défenseurs farouches d’APB" et pour cette raison s’opposent à la création d’un conseil d’orientation chargé d’examiner les vœux de poursuites d’études des bacheliers, indique Philippe Tournier, secrétaire général, lors de sa conférence de presse de rentrée le 10 septembre 2015. C’est l’une des propositions du Comité Stranes remis au Président de la République, François Hollande, le 8 septembre. Pour le syndicat, il faudra se poser la question de savoir si le bac est un "examen d’entrée à l’université ou le certificat d’études de fin du secondaire". Concernant les conventions entre lycées à filières post-bac et EPCSCP, et les droits dont les étudiants de prépa devront s’acquitter, Pascal Bolloré, secrétaire général adjoint, considère qu’il est "peu probable" que tout soit réglé mi-janvier.

"APB a plein d’ennemis car c’est un progrès dans la transparence. Nous sommes des défenseurs farouches d’APB, c’est un progrès gigantesque […] : l’établissement ne connaît pas le rang des vœux de l’élève et l’élève ne connaît pas son classement", répond Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN, invité à réagir lors de sa conférence de presse de rentrée, sur certaines propositions émises dans le rapport du Comité pour la Stranes remis à François Hollande le 8 septembre. Le Comité avance notamment la piste de mettre en place des conseils d’orientation du supérieur chargés d’examiner les vœux des bacheliers (lire sur AEF ici et ici). Le SNPDEN "n’a pas de position" sur l’ensemble des propositions du rapport mais Philippe Tournier livre son analyse sur cette mesure qui, de fait, modifierait le fonctionnement actuel d’APB.

CONSEIL D’ORIENTATION : "UN SYSTÈME COMPLIQUÉ"

Le fonctionnement des conseils d’orientation

"Les futurs étudiants peuvent avoir des difficultés d’orientation quels que soient leurs parcours antérieurs", y compris les bacheliers généraux, explique à AEF Sophie Béjean, présidente du Comité pour la Stranes. Grâce à "un système informatique intelligent", les vœux des lycéens seraient repérés dès lors qu’il y aurait "un décalage entre leur bagage antérieur et le vœu exprimé" ou qu’il n’y aurait pas de place dans la filière demandée (STS, IUT…).

À partir de ce moment-là, dans les 4 ou 5 académies disposées à expérimenter le dispositif, "le Conseil d’orientation émet un avis, suggère un nouveau vœu ou un accès à un parcours adapté, ou recherche une formation équivalente ou proche pour satisfaire le projet de l’étudiant". Le rapport recommande aussi de renforcer l’impact du critère d’éloignement géographique dans le montant des bourses.

Si la proposition de la Stranes est retenue, "on va inventer un nouveau conseil, on va avoir des problèmes de procédures, de calendrier du baccalauréat professionnel…". Avec de tels conseils, "on inventerait un système compliqué où l’un accéderait de droit à l’université, et l’autre passerait devant une commission". Le rapport du Comité pour la Stranes souhaite en effet reconnaître l’accès de droit dans les filières générales universitaires pour les bacheliers généraux. Dans les autres cas, le conseil d’orientation du supérieur émettrait un avis (voir encadré). Mais pour Philippe Tournier, "la création d’un nouveau conseil n’est pas la solution".

En revanche, il faudra se poser la question : "Est-ce qu’on veut faire du bac l’examen d’entrée à l’université ou le certificat d’études de fin du secondaire ?" Car, avec actuellement "un bac supposé universel" obtenu par plus de 80 % des lycéens mais 50 % d’échec en L1, il est "légitime" de se poser la question de la sélection à l’entrée de l’université, confrontée au "challenge impétueux d’augmenter le nombre d’élèves au niveau L [licence] avec essentiellement les bacs pro" dont le nombre augmente plus que les bacheliers généraux. Sur le fond, Philippe Tournier considère que les membres de la Stranes "proposent des pistes pour expliquer qu’il y a un vrai bac, un demi-bac et un 'pas vrai' bac'". Le "vrai bac" correspondant aux séries générales, le "demi-bac" à la voie technologique et le faux bac au bac professionnel.

Questionné sur la pratique de demande de dossiers scolaires des universités avancées par certains syndicats étudiants, Philippe Tournier juge "invraisemblable" que les universités ne sélectionnent pas leurs étudiants dans les licences générales "et qu’on leur interdise d’avoir des relevés de notes". "Il est normal que les universités aient connaissance de la scolarité de leurs étudiants." Au sujet des filières sélectives universitaires, il interroge en revanche : "est-ce que c’est choquant ?". Il pointe au contraire le tirage au sort pour entrer dans certaines filières.

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