2010 - Education et pédagogie - CSN novembre

Les contributions académiques et les travaux du conseil syndical national des 22 et 23 novembre 2010 ont permis de renforcer notre position sur l’attachement de notre organisation au socle commun de connaissances et de compétences et à la mission de service public que les EPLE assument par l’intermédiaire des GRETA en matière de formation tout au long de la vie. Ce conseil syndical national a aussi mis en lumière les axes de réflexion qu’il nous faut développer dans les prochains mois, au sein de nos instances académiques puis nationale, autour de la place fondamentale du collège et de son positionnement avec le premier degré, de la prise en charge de la grande difficulté comportementale et de l’avenir de l’enseignement prioritaire.

Socle commun et DNB

Le SNPDEN a soutenu la prise en compte de la validation du socle commun de connaissances et de compétences dans le diplôme national du Brevet. Nous avions, face au projet initial du ministère, refusé l’augmentation du nombre d’épreuves écrites au Brevet qui accentuait encore la difficulté de préparation et d’organisation de l’examen (le projet initial comportait cinq épreuves écrites).
Nous œuvrons auprès du ministère pour qu’il s’engage résolument dans une logique d’évaluation des élèves, contrairement à l’organisation mise en place pour la session de juin 2011qui réside dans une évaluation fondée sur des logiques différentes. Cette superposition de modes d’évaluation, épreuves ponctuelles écrites et orale, contrôle continu et validation du socle commun, au-delà de leur complexité d’organisation, ne plaident pas auprès des équipes pédagogiques pour un engagement fondamental dans la validation des connaissances et des compétences des élèves.
Les membres du conseil syndical national demandent donc que la validation du socle commun de connaissances et de compétences entraîne l’obtention du diplôme national du Brevet et une adaptation des outils informatiques à la validation progressive des élèves et à l’articulation indispensable avec les écoles élémentaires. De très nombreuses interventions ont notamment porté sur l’inadaptation des outils informatiques institutionnels aux besoins des établissements.
La réflexion sur l’ensemble des contenus enseignés en collège et les programmes qui leur sont associés, ou qui devraient l’être, fait débat et nécessite d’être poursuivie au sein de nos instances.

Motion 1

Socle commun, DNB
« Le SNPDEN dénonce le mode d’obtention du DNB qui répond à des logiques contradictoires et empile les dispositifs :
- un contrôle continu, des épreuves écrites ponctuelles et une épreuve orale d'histoire des arts ;
- la validation du socle commun de connaissances et de compétences.
Le SNPDEN demande que la validation du socle commun entraîne l’obtention du DNB ».
Vote du CSN : adoptée (5 abstentions et 5 contre)

Motion 2

Livret de compétences
« Le SNPDEN exige que les établissements puissent disposer d’un logiciel de validation du socle commun de connaissances et de compétences qui soit un outil pédagogique au service des élèves et des enseignants.
Le SNPDEN demande :
- un dispositif harmonisé entre l’école élémentaire et le collège ;
- la prise en compte des validations intermédiaires ;
- la compatibilité de ce dispositif avec d’autres logiciels ».
Vote du CSN : adoptée à l’unanimité

Les établissements de réinsertion scolaire

La prise en charge de la grande difficulté comportementale constitue pour les personnels de direction un véritable questionnement à la fois pour le devenir des jeunes dont nous avons la charge et la sérénité des établissements scolaires. La réflexion doit être portée dans nos instances afin que le débat permette d’entrevoir des pistes de remédiation et d’exploration possibles. Les évolutions en cours, dans le cadre des réformes des lycées, et la nécessité de redéfinir les missions du collège et son organisation doivent conduire vers une plus grande adaptation de notre système éducatif à la diversité des publics accueillis et à leurs modes d’apprentissage. Mais, outre cette volonté de mieux prendre en compte les éléments cognitifs liés aux apprentissages et d’œuvrer pour l’organisation d’un système éducatif bien moins inégalitaire socialement, les difficultés de comportement de certains élèves nécessitent encore d’autres réponses.
Le SNPDEN a exprimé de grandes réticences à l’égard des établissements de réinsertion scolaire. L’objectif de ce dispositif n’est d’ailleurs pas clairement défini : s’agit-il de réinsérer socialement des jeunes ou de remédier à de grandes difficultés scolaires ? Le parcours n’est pas davantage clarifié dans la mesure où l’on ignore si ces jeunes retourneront systématiquement dans leur établissement d’origine et quel mode d’accompagnement sera envisagé.
Notre principale réticence porte sur les effets produits par la concentration d’élèves en difficultés de sociabilité au même endroit, géographiquement éloigné, et dans lequel ils ne sont pas intégrés.
La mise en place de ces établissements n’a guère été précédée de concertation avec les équipes (certaines implantations s’exercent dans des établissements de 3ème catégorie sans adjoint !).
Quels que soient les efforts et les moyens déployés, les dysfonctionnements observés dans plusieurs établissements montrent que ce dispositif ne peut constituer un modèle de socialisation. Pour les membres du CSN, d’autres alternatives à la régulation de la grande difficulté comportementale doivent être recherchées.

Motion 3
Etablissements de réinsertion scolaire (ERS)
« Le SNPDEN désapprouve les principes et les modalités qui ont prévalu à la mise en place des établissements de réinsertion scolaire (ERS) selon lesquels le traitement des populations les plus en difficulté passerait par leur regroupement dans des structures isolées. Les ERS ne sont pas un modèle favorable à l’intégration et à la socialisation. Le SNPDEN demande que ce programme soit gelé sous cette forme, que des alternatives soient expérimentées dans le cadre de l’article 34 de la loi d’orientation et qu’une évaluation sincère et indépendante soit conduite sur les effets des différentes formes de prises en charge ».
Vote du CSN : adopté à l’unanimité

Les réformes des lycées

Les réformes sont maintenant à l’œuvre dans les lycées généraux, technologiques et professionnels. Leur réussite, pour ce qui est des moyens attribués, est pour une large part liée au respect des textes règlementaires.
En conseil supérieur de l’éducation (CSE), le SNPDEN a subordonné ses votes à la prise en compte des amendements relatifs à la sécurisation des moyens alloués aux établissements.
Les moyens attribués au lycée doivent être conformes aux évolutions réglementaires et ne pas s’exercer au détriment des collèges.

Motion 4
Mise en œuvre de la réforme des lycées
« Le SNPDEN rappelle fermement que les arrêtés sur la nouvelle organisation des lycées, qu’ils soient généraux, professionnels ou technologiques, prévoient explicitement les règles d’attribution de moyens. C’était le sens des amendements déposés par le SNPDEN au CSE et à l’acceptation desquels il a subordonné son vote favorable.
Aucune dotation ne peut être inférieure à l’allocation de moyens tels que ces arrêtés le prévoient en respectant un ratio heure/poste HSA compatible avec les statuts.
Toutes les actions, y compris de droit, devront être mises en œuvre si tel n’était pas le cas ».
Vote du CSN: adoptée (4 abstentions et 1 contre)

Les GRETA

Lors du précédent conseil syndical national, le SNPDEN avait dénoncé l’absence de concertation concernant le projet de réorganisation des GRETA. La consultation des fédérations et des organisations syndicales sur le projet ministériel de transformation des GRETA en GIP s’est récemment mise en œuvre.
La position du SNPDEN, lors des deux audiences, s’est appuyée sur nos motions en cours et la contribution de collègues en charge de GRETA, sollicités sur le rapport.
Le projet soumis à concertation fait disparaître le lien organique avec un EPLE support (organisation actuelle) au profit d’un GIP GRETA. Le rapport s’appuie sur la proposition de loi Warsmann pour préconiser la forme juridique du GIP.
Les membres du CSN considèrent que la préconisation de la forme juridique du GIP n’est pas à même de stabiliser l’avenir des GRETA.
La piste du GRETA rénové n’a aucunement été exploitée ; des évolutions en termes de regroupement de formations et de structure juridique plus opérante sont pourtant possibles. Elles nécessiteraient alors un amendement au Code de l’éducation pour permettre de faire évoluer la composition du conseil d’administration de l’EPLE support réuni sur les questions relatives à la formation continue.
Les membres du CSN ont largement exprimé leur inquiétude sur la viabilité de la formation continue au sein de l’Education nationale. Dans un marché extrêmement concurrencé, maintenir une mission de service public en conservant notamment une offre de formation pour les plus bas niveaux de qualification nécessite l’engagement de notre ministère sur le plan financier. Comment les GIP GRETA pourraient-ils poursuivre de telles missions en prenant en charge tous les coûts liés à la masse salariale ?
Le rapport soulève par ailleurs de très nombreuses questions en matière de gouvernance et de trésorerie.
Dans le cadre de notre fédération UNSA-Education, nous demandons auprès du cabinet du Ministre une audience sur ce point.

Motion 5
GRETA
« Le SNPDEN rappelle que les GRETA assurent des missions de service public dans le cadre de la formation tout au long de la vie.
Le SNPDEN demande à la représentation nationale de renoncer à la transformation des GRETA en GIP.
Il exige que le MEN engage une concertation sur la formation professionnelle continue publique et la rénovation des GRETA ».
Vote du CSN: adoptée (1 abstention)

L’évolution du collège : vers l’établissement du socle commun ?

Conformément à l’engagement de notre organisation lors du précédent conseil syndical national de mai 2010, nous considérons que la situation du collège, « maillon faible » de notre système éducatif, doit être débattue dans toutes nos instances afin de produire au CSN d’avril 2011, un ensemble de propositions.
Les enquêtes internationales montrent que les résultats de nos élèves sont en recul par rapport à ceux obtenus dans des pays comparables de l’OCDE ; les écarts se creusent davantage avec un accroissement du nombre de jeunes situés en queue de peloton et une élite peu étoffée. Ces tendances ne sont pas démenties par les évaluations nationales et tous les rapports récemment publiés : qu’il s’agisse du Haut conseil de l’éducation ou de parlementaires, tous convergent sur un diagnostic pessimiste du collège et l’urgence à y remédier.
Des analyses internationales menées par des sociologues montrent par ailleurs que le collège différencié est associé à un niveau scolaire bas et des inégalités sociales plus importantes que le collège unique. Ces éléments d’analyse doivent être pris en compte au moment où des volontés s’expriment sur le rétablissement des examens d’entrée en sixième (disparus en 1956) ou la création de filières « prépa-pro » dès la quatrième (qui pourrait avoir comme incidence de réintroduire un palier d’orientation en fin de cinquième).
Le SNPDEN a été entendu dans le cadre de l’UNSA-Education par la commission nationale sur les rythmes scolaires et ès qualités à l’Assemblée nationale dans le cadre d’une multilatérale. Notre organisation ne souhaite pas parcelliser les approches en ne traitant que de la question des rythmes scolaires sans avoir une réflexion d’ensemble sur le collège. L’intérêt de ce débat ne peut se limiter au nombre de jours à travailler chaque semaine ou bien dans la répartition annuelle des semaines de travail. Ce sont bien les attentes par rapport au collège qui font débat : la manière dont on s’approprie le socle commun de connaissances et de compétences et l’articulation nécessaire avec l’école élémentaire, le rythme des apprentissages sur la semaine de travail d’un collégien et la manière dont on organise son travail personnel pour réduire efficacement les inégalités sociales, et les marges d’autonomie indispensables aux établissements.
Cette question doit donc s’intégrer dans une réflexion approfondie sur le collège prenant également en compte les rythmes différenciés d’apprentissage des élèves, les contenus à enseigner et leurs modalités ainsi que le sens et les formes d’évaluation.
Le SNPDEN, grâce au travail de réflexion et de propositions des sections académiques et du conseil syndical national, entend participer aux débats incontournables sur les évolutions du collège et sur l’architecture de la scolarité obligatoire dans notre système éducatif.

Thèmes de réflexion pouvant faire l’objet d’échanges et de propositions dans les sections académiques en vue du prochain CSN

• L’avenir pour l’enseignement prioritaire
• Les formes les plus appropriées au suivi et à l’accompagnement des enseignants : audit ou inspection ?
• Le post-bac en lycée dans l’enseignement supérieur : les lycées dans les PRES ?

Isabelle Bourhis
Secrétaire nationale
Commission « éducation et pédagogie »
Isabelle.bourhis@ac-creteil.fr

Au sujet de la masterisation

L’enquête menée par le SNPDEN au début du mois d’octobre auprès des secrétaires académiques montre la très grande hétérogénéité du traitement de la formation selon les académies (quotités horaires, remplacements, stages).
Le SNPDEN a, dès le début, clairement exprimé son opposition à cette réforme de la formation des enseignants. Notre mot d’ordre de ne pas laisser partir les stagiaires lorsqu’ils n’étaient pas remplacés, a obligé certaines académies à revoir leurs dispositifs de formation.
Notre vigilance a permis de soutenir les modalités les moins pénalisantes pour le fonctionnement des établissements et la scolarité des élèves mais la question de la formation des stagiaires reste entière.
Un groupe de travail réunissant le SE-UNSA, SUP-Recherche, le SIEN et le SNPDEN s’est constitué. L’objectif de ce groupe est de se mettre en capacité de formuler des propositions ; il s’agit de reconstruire une formation professionnelle de qualité, cohérente, compatible avec les exigences universitaires et conciliable avec les calendriers et les contraintes des EPLE et des écoles.
Le dispositif actuel transforme l’année de M2 en une course d’obstacles et écarte les étudiants qui auraient besoin de travailler pour financer leurs études et conduit à une impasse les non-admissibles.
La place du concours est donc déterminante dans cette réflexion ; il semble que l’admissibilité en fin de M1 donnerait la possibilité aux étudiants de choisir entre les différentes voies qui leur sont ouvertes (dans ou hors de l’éducation). Une réflexion sur les masters en alternance est à mener également.
Notre fédération, de part sa position, a un rôle crucial à jouer sur ce dossier.

Catherine Petitot
Secrétaire générale adjointe