Education & Pédagogie – CSN Mai 2022

Motion 1 transversale : Gouvernance et politiques éducatives

Chapeau introductif 

Le système éducatif français tel qu’il existe aujourd’hui, est marqué par des inégalités profondes, qu’il n’arrive pas à résoudre, et notamment la corrélation entre origine sociale et réussite scolaire.

La gouvernance du système éducatif depuis plusieurs décennies, y a largement contribué. La multiplication actuelle des dispositifs à laquelle nous assistons, donne à l’Etat la possibilité de dire qu’il rend compte d’un impératif d’actions, sans pour autant en valider la pertinence. Cette succession incontrôlée de réformes inabouties devient pour l’ensemble des EPLE un obstacle majeur à la pérennisation des politiques éducatives.

En ce qui concerne le collège, le SNPDEN-UNSA a constaté :

  • Un empilement constant des dispositifs, des évaluations, des certifications, qui sont difficilement réalisables et font perdre le sens de notre action, sans aucune évaluation réelle de l’existant, malgré nos multiples demandes et alertes,
  • Une augmentation inacceptable des missions imputées à l’école et la difficulté de désigner des référents pour chacune d’elles,
  • Un manque de respect de l’autonomie des établissements et une non prise en compte des compétences des acteurs de terrain,
  • Une priorité donnée au primaire, mais qui ne doit pas faire oublier la place essentielle du maillon qu’est le collège dans la construction des savoirs et des compétences,
  • Un manque structurel de moyens pour la mise en œuvre des dispositifs identifiés comme pertinents dans la réforme de 2015.

En ce qui concerne les lycées :

  • Des modifications permanentes de la réforme du baccalauréat, qui ne permettent à ce jour aucune stabilisation, projection ou analyse pertinente, ni pour les élèves, ni pour les équipes. L’exemple inacceptable des mathématiques en lycée ou des épreuves de langues en sont les derniers en date,
  • La nécessité de faire un bilan du déroulement du dernier trimestre de terminale et plus largement, de la réforme du baccalauréat dont le déploiement n’a pas été possible dans sa totalité, notamment de par les impacts de la crise sanitaire,
  • De très fortes inquiétudes en ce qui concerne le lycée professionnel et l’avenir des élèves fragilisés.

En ce qui concerne l’enseignement supérieur, le lien avec la réforme du lycée doit être consolidé, analysé, pérennisé.

Motion 1 transversale : Gouvernance et politiques éducatives

Le SNPDEN-UNSA demande :

    • que le ministère entende la nécessité d’évaluer une réforme avant la mise en place d’une autre. L’atteinte des objectifs se mesurera notamment en termes de réussite du parcours des élèves et d’impacts sur le déterminisme social. On ne peut plus se contenter d’une impulsion initiale des réformes sans suivi ni évaluation.
    • L’affirmation d’une autonomie fondée sur la confiance envers les acteurs de terrain. L’autonomie pédagogique de l’EPLE est une réalité pertinente que le ministère doit accepter, soutenir et encourager,
    • La mise en place d’un mode de gouvernance sur le long terme qui ne soit pas basé sur la logique des moyens et des réponses «au coup par coup », mais sur un projet pédagogique prospectif.

Tant que ces conditions ne sont pas réalisées pour construire un projet éducatif pour l’école, le SNPDEN-UNSA demande un moratoire de toute nouvelle réforme d’ampleur du système.

Vote du CSN : CONTRE : 0 – ABSTENTION : 0 – POUR : 174

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