Le droit contre la rumeur / Communiqué de presse de la section académique d’Orléans-Tours

Publié le par François RESNAIS − Mis à jour le

Depuis quelques jours, la situation du lycée Joséphine-Baker de Hanches est abondamment relayée très au-delà des limites de notre académie.
Un collectif refuse l’arrivée d’un chef d’établissement à la direction du lycée et n’a reculé devant aucun moyen, y compris le blocage des examens dus aux élèves, pour obtenir sa mise à l’écart. Ce n’est hélas pas la première fois dans notre académie. Il y a des précédents, dont certains ont eu une issue dramatique.

Face à ce déchaînement, notre organisation syndicale tient à rappeler un principe qui devrait être le socle de toute gouvernance démocratique et républicaine : un cadre de la fonction publique doit être jugé et traité sur des faits, et non sur des présomptions, des rumeurs ou des allégations anciennes qu’aucune décision de justice, aucune enquête administrative, n’a jamais validées.

Une communication claire et immédiate de l’académie d’Orléans-Tours faite dans l’intérêt de l’institution et de la protection de ses personnels aurait permis une prise de fonction sereine. Si d’éventuelles oppositions s’étaient alors exprimées, elles auraient au moins reposé sur des réalités professionnelles constatées, et non sur un procès d’intention préventif.

Si c’était une première fois dans notre académie, nous pourrions réduire cette situation à une malheureuse affaire individuelle. Mais cet épisode s’inscrit dans une dérive systémique inquiétante où le chef d’établissement semble trop souvent transformé en fusible pour acheter une paix sociale illusoire. In fine, la décision de confier une mission académique à notre collègue, qui a choisi de ne pas imposer sa présence dans un climat devenu toxique, sera inévitablement perçue par certains comme la victoire d’un rapport de force sauvage sur le droit. Quel signal l’administration envoie-t-elle à ses cadres en cédant devant des méthodes de veto local ? Est-ce désormais aux collectifs de choisir leurs dirigeants au mépris des règles nationales du mouvement ?

Sur le plan humain, notre collègue a été accompagné à chaque étape par le SNPDEN-UNSA, dans le respect absolu de son autonomie et de sa volonté constante de ne pas contribuer à l’embrasement médiatique. Il ne pouvait imaginer que l’annonce de son retour génère autant d’opposition et une telle violence. Combien parmi ceux qui chassent en meute aujourd’hui ont eu affaire à lui directement ?

Il y a des manières de faire dont notre organisation syndicale ne pourra jamais se sentir solidaire. Aucun lynchage médiatique n’est acceptable, pas même celui des personnels de direction par des groupes qui s’en prennent à des cadres privés de tribune pour se défendre devant un tribunal de l’opinion qui les condamne d’emblée.

Le SNPDEN-UNSA exige que l’institution garantisse désormais à notre collègue les conditions de dignité et de sérénité que sa nouvelle mission au sein du rectorat requiert. Nous resterons d’une vigilance absolue : l’administration a le devoir impérieux de protéger ceux qui la servent, sous peine de voir l’autorité de l’État et l’attractivité de nos métiers un peu plus compromises.

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