Débattre n’est pas se fourvoyer : c’est porter la voix des personnels de direction !
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À quelques mois des élections professionnelles, certains choisissent manifestement de déplacer le débat. Plutôt que de parler du quotidien réel des personnels de direction, de leurs conditions d’exercice, de leur charge de travail, de leur exposition, de leurs responsabilités, de leur carrière, de leur rémunération ou de la transformation concrète de leurs missions, ils préfèrent instruire des procès d’intention.
La participation de responsables du SNPDEN-UNSA à un espace de réflexion comme le Club des Dirigeants de l’Éducation (CDé) est ainsi présentée comme une compromission. Cette accusation est non seulement un contre-sens : elle est surtout révélatrice d’une conception bien étroite du débat syndical.
Le SNPDEN-UNSA participe à des réunions, des groupes de travail, des audiences, des cercles d’échange et des espaces de réflexion pour une raison simple : porter la parole des personnels de direction ! Nous n’y allons pas pour nous diluer. Nous n’y allons pas pour renoncer à nos mandats. Nous n’y allons pas pour approuver par avance tout ce qui s’y dit.
Nous y allons pour écouter, confronter, discuter, contester quand c’est nécessaire, enrichir nos analyses et affirmer ce que nous sommes. Un syndicat majoritaire n’a pas vocation à rester dans l’entre-soi. Il a vocation à être présent là où se discutent les évolutions possibles de l’École, précisément pour y défendre les principes du service public, la laïcité, la neutralité, l’égalité, la mixité sociale, le statut des personnels, le cadre national et la réalité du métier de personnel de direction.
Confondre présence et adhésion relève donc d’un procédé grossier. C’est d’ailleurs un procédé assez commode : il permet d’éviter les vrais sujets.
Car les personnels de direction n’attendent pas qu’on leur serve une grille de lecture figée dans les années 80-90. Ils n’attendent pas qu’on leur explique leur métier à travers des concepts usés, brandis comme des épouvantails. Faire appel au New Public Management comme si cette formule suffisait à disqualifier toute réflexion sur l’autonomie, l’organisation des établissements ou le pouvoir d’agir des équipes, c’est passer à côté de la réalité vécue dans les EPLE.
La réalité, chacun la connaît : des établissements qui absorbent des injonctions multiples, des réformes parfois mal accompagnées, des remplacements non assurés, des personnels manquants, des outils numériques insuffisamment interopérables, des responsabilités juridiques croissantes, des tensions sociales fortes, des enjeux d’inclusion, de sécurité, de laïcité, d’orientation, d’examens, de vie scolaire, de climat scolaire et de pilotage pédagogique.
C’est cela, le quotidien des personnels de direction !
Pas une caricature de chef d’établissement transformé en « entrepreneur » ou en « garde-chiourme ». Le SNPDEN-UNSA défend une autonomie inscrite dans un cadre national clair. Une autonomie qui donne du pouvoir d’agir aux équipes, qui reconnaît les responsabilités des personnels de direction, qui protège les collectifs de travail et qui permet d’adapter les réponses aux réalités locales sans affaiblir le service public.
Nous n’avons jamais défendu l’arbitraire, la mise en concurrence généralisée ou le démantèlement du statut. Nous défendons au contraire un pilotage responsable, lisible, équitable, protecteur et utile à l’École publique.
Quant à laisser entendre que le SNPDEN-UNSA abandonnerait les principes de la Fonction publique, de la laïcité, de la gratuité ou de la mixité sociale, cela ne résiste pas à l’examen de nos mandats, de nos prises de position et de notre action constante.
Ces principes ne sont pas des slogans de campagne. Ils sont au cœur de notre engagement syndical. Nous parlons avec les mandats de nos milliers d’adhérents, chaque jour plus nombreux à nous faire confiance. Nous parlons avec l’expérience quotidienne de ces milliers de personnels de direction. Nous parlons avec la légitimité d’une organisation majoritaire qui agit, qui négocie, qui alerte, qui construit, qui conteste et qui obtient des avancées lorsque c’est possible.
Depuis 4 ans, chacun peut mesurer ce qui a été porté concrètement et tous les sujets sur lesquels nous nous sommes positionnés et que nous avons significativement fait évoluer : la reconnaissance indemnitaire, les carrières, la mobilité, la protection des personnels, la charge de travail, les remplacements, le numérique, les examens, la sécurité, l’inclusion, la place des personnels de direction dans le pilotage de l’École.
Pendant que certains commentent depuis les marges ou se contentent de reprendre nos positions dans les groupes de travail, le SNPDEN-UNSA porte des dossiers, produit des analyses, accompagne les collègues et agit au plus près de la réalité du métier.
L’attaque est d’autant plus révélatrice qu’elle intervient dans un contexte électoral et après la diffusion de notre hors-série Direction 365. Ce document a visiblement dérangé. Il a pourtant un mérite simple : parler aux personnels de direction de leur métier, de leurs préoccupations, de leurs responsabilités et de leur avenir, sans les enfermer dans une vision nostalgique ou idéologique.
Le débat syndical mérite mieux que des amalgames. Il mérite mieux que la suspicion permanente. Il mérite mieux que l’idée selon laquelle échanger avec des interlocuteurs différents reviendrait à trahir ses valeurs. Le SNPDEN-UNSA n’a jamais craint le débat. Il n’a jamais craint la confrontation d’idées. Il n’a jamais pensé que défendre le service public consistait à refuser toute discussion avec ceux qui ne pensent pas exactement comme nous.
Notre ligne est claire : être présents, porter nos mandats, défendre les personnels de direction, protéger le service public d’éducation, refuser les caricatures et construire des réponses utiles.
Les personnels de direction savent faire la différence entre une polémique de campagne et un engagement syndical solide. Ils savent aussi que leur métier ne se défendra ni par l’entre-soi, ni par les procès d’intention, ni par les lectures passéistes.
Il se défendra par la présence, la constance, la compétence, la loyauté aux mandats et la capacité à peser réellement sur les décisions.
C’est ce que fait le SNPDEN-UNSA. Et c’est ce qu’il continuera à faire.