Rentrée 2026 : des annonces… face aux réalités du terrain / Retour sur la conférence de presse du Ministre
Le Ministre présente une rentrée structurée autour de 4 priorités : instruire, protéger, unir, prévoir.
Si l’on peut aisément comprendre et souscrire à ces ambitions, leur mise en application et leur réussite dépendront d’abord de leur possible traduction concrète dans les établissements. Car, le concret, il faut le dire, semble échapper chaque jour un peu plus aux considérations du Ministère ! [Retrouvez, à ce propos, notre enquête de rentrée 2026, NDLR]
Aucune nouvelle réforme réelle n’est annoncée, mais les nouvelles obligations restent nombreuses : violences sexuelles, éducation à la vie affective et sexuelle, lutte contre les discriminations, téléphone au lycée, devoir de mémoire le 11 novembre, collèges en progrès, nouvelles classes de mathématiques et sciences, évolution de la voie professionnelle…
Pour les personnels de direction, chaque annonce devient concrètement du temps à trouver, des emplois du temps à modifier, des équipes à mobiliser, des moyens à retrouver, des élèves à convaincre, des familles à informer et des situations à gérer.
Cette rentrée se prépare dans des conditions difficiles. Nominations tardives d’enseignants, mais aussi de personnels administratifs, de gestion et de direction, postes vacants, ajustements d’effectifs : autant de situations qui compliquent fortement la préparation de la rentrée et obligent les équipes à travailler dans l’urgence. Ajoutons un contexte climatique devenu omniprésent et harassant, des catastrophes numériques suites aux cyberattaques de l’été et dont plusieurs académies souffrent toujours [voir notre article actualisé ICI], un contexte politique qui pourrait être très tendu au regard des échéances à venir… nous avons là tous les ingrédients de difficultés massives et persistantes pour les équipes de direction !
Le SNPDEN-UNSA soutient les mesures destinées à mieux protéger les élèves et les personnels. Mais faire émerger davantage de situations de violences suppose aussi de disposer des moyens pour les prendre en charge. Les 300 postes supplémentaires annoncés pour les personnels santé-sociaux constituent un premier pas qui devra être impérativement poursuivi.
La volonté de sortir de l’annualité de la carte scolaire et de mieux anticiper les évolutions démographiques va dans le bon sens. Prévoir, c’est aussi donner de la visibilité sur les moyens, les structures et les ressources humaines.
Mais, avant toute chose, il faut surtout changer de méthode ! Les chefs d’établissement connaissent leur territoire, leurs équipes et leurs élèves : faisons-leur confiance. Redonner de l’autonomie aux EPLE, c’est permettre des réponses adaptées aux réalités locales plutôt que multiplier les prescriptions nationales.
Notre mandat est clair : moins d’empilement, plus de confiance ; moins de prescriptions, plus d’autonomie ; des moyens à la hauteur des missions !
Car une politique éducative ne réussit pas seulement parce qu’elle est annoncée. Elle réussit lorsque les établissements disposent des moyens et de la liberté nécessaires pour la mettre en œuvre.
Monsieur le Ministre, faites confiance à ceux qui font vivre l’École au quotidien : donner aux EPLE de l’autonomie, c’est donner à l’École les moyens de réussir.