⏱️ Lecture : 13 minutes
✅ Avec la présence exceptionnelle de Najat VALLAUD BELKACEM, ancienne ministre de l’Éducation nationale1.
✅ Avec Antoine TRESGOTS, Line NEEFF et Christelle KAUFFMANN, personnels de direction et élus du SNPDEN
Surcharge numérique : reprendre le contrôle sans renoncer à éduquer
Le numérique n’est plus un sujet technique
Longtemps, dans les établissements scolaires, le numérique a d’abord été abordé sous l’angle des équipements, des réseaux, des ENT, des logiciels, des accès, des dysfonctionnements, des mots de passe oubliés, des applications qui s’ajoutent les unes aux autres. Pour les personnels de direction, il est devenu un environnement de travail à part entière, parfois utile, souvent envahissant, avec ses gains apparents et ses irritants quotidiens.
Mais la table ronde organisée par le SNPDEN-UNSA autour d’une question simple — « Surcharge numérique : reprendre le contrôle ? » — a déplacé le débat. Le numérique n’est plus seulement une affaire d’outils. Il est devenu une question de santé, d’attention, de rapport au temps, de climat scolaire, de citoyenneté et de liberté.
La discussion intervenait dans un contexte particulier : celui d’un projet de loi relatif à la protection des jeunes face aux écrans, articulé autour de deux mesures principales, la majorité numérique à 15 ans pour l’accès aux réseaux sociaux et l’interdiction du téléphone portable dans les lycées, sauf zones d’exception. Mais au-delà du calendrier législatif, c’est une réalité plus profonde qui s’impose : les élèves que nous accueillons aujourd’hui sont la première génération à avoir grandi dans un environnement totalement connecté, rythmé par les notifications, l’immédiateté, l’exposition continue et la sollicitation permanente.
Comment apprendre lorsque l’attention est sans cesse morcelée ? Comment construire une sociabilité lorsque chaque temps creux est comblé par un écran ? Comment former à la liberté dans un univers numérique conçu pour capter, retenir, orienter et monétiser l’attention ?
Une emprise qui concerne aussi les adultes
Invitée principale de cette table ronde, Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre de l’Éducation nationale et autrice de Numérique, enquête sur notre rapport aux écrans et comment nous en libérer, a ouvert le débat par une expérience personnelle : une tentative de déconnexion totale pendant une semaine, interrompue au cinquième jour. L’anecdote est parlante. Même volontaire, préparée, assumée, la coupure devient difficile. Pourquoi ? Parce que le smartphone concentre désormais une part considérable de notre vie : les photos, les contacts, les applications bancaires, les informations, les échanges, les démarches du quotidien. À cela s’ajoute cette peur contemporaine de manquer quelque chose, ce « fear of missing out » (FOMO) qui nous maintient dans un état de disponibilité permanente.
La suite est réservée aux adhérents !Pour accéder à ce contenu, connectez-vous à votre espace adhérent. Pas encore adhérent ? Rejoignez-nous dès maintenant en adhérant en ligne.